Le Diabète – responsable insoupçonné de l’Impuissance

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Le Diabète – responsable insoupçonné de l’impuissance 

Une grande majorité d’hommes déclare avoir déjà connu, au moins une fois, un trouble de l’érection au cours de leur vie. Souvent qualifié à tort de psychogène, ce problème masculin peut être d’origine pathologique. Il est d’ailleurs fréquemment rencontré chez les patients diabétiques, le saviez-vous ? Une dysfonction érectile peut être la conséquence d’un taux élevé de sucre dans le sang, encore faut-il qu’il soit mesuré.

Qu’est-ce que le diabète ?

Il s’agit d’une maladie chronique empêchant le métabolisme de réguler et d’assimiler correctement les sucres absorbés. Ils s’accumulent et surchargent le sang : c’est l’hyperglycémie.

Processus physiologique normal

Pour fonctionner correctement, notre corps puise un certain nombre de glucides, de protéines et de lipides présents dans notre alimentation. Ces ressources énergétiques sont, soit transformées puis libérées dans notre circulation sanguine, soit stockées dans le foie ou dans les muscles pour être redistribuées plus tard. En captant cet apport en graisses, le pancréas sécrète une hormone, l’insuline, dont le rôle est de permettre la pénétration du glucose dans nos cellules.

Anomalies hormonales en cas d’hyperglycémie



Chez les diabétiques, on retrouve un dysfonctionnement dans la production d’insuline ou dans l’hormone elle-même. La redistribution du sucre n’est pas faite ou mal faite, une quantité trop importante de glucose reste dans le sang. On distingue 2 types. Le type 1, dit insulino-dépendant, se caractérise par une carence totale en insuline. Le plus souvent, cette maladie auto-immune est décelée chez des sujets jeunes, ce qui permet de mettre en place un traitement médical relativement tôt. Dans le cadre du type 2, l’insuline est créée en bonne quantité mais son action n’est pas suffisamment efficace. L’hormone s’accumule dans le sang sans réussir à se fixer sur les cellules. Les hommes sont davantage touchés par cette forme évolutive découverte en moyenne autour de 40 ans. 

Trouble de l’érection : signe avant-coureur de la maladie

Bien qu’il existe une prédisposition génétique pour les 2 types, le second est souvent causé par une mauvaise hygiène de vie (sédentarité, obésité, mauvaise alimentation, tabac…) et peut surtout passer inaperçu pendant des années en l’absence de symptômes visibles ou sans la réalisation d’examens médicaux approfondis.

Les stigmates du second type sont relativement sournois, puisque théoriquement, le système pancréatique fonctionne mais mal. C’est la principale raison d’un retard de diagnostic. L’afflux de sang ne s’effectue plus correctement, certains organes sont mal irrigués. Les transmissions de messages nerveux vers les organes sont ralenties et la production hormonale est altérée. Les hommes diabétiques sont d’ailleurs fréquemment victimes d’une déficience de testostérone. Des fourmillements et des douleurs peuvent se manifester en raison de la détérioration des terminaisons nerveuses. A l’inverse, une perte de sensibilité peut être constatée ce qui occasionne notamment une baisse de l’excitation pendant un rapport. Tous ces phénomènes, rarement reliés à cette affection, détériorent petit à petit la libido masculine, et contribue même à l’impuissance.

Des dysfonctions érectiles récurrentes sont donc un signal d’alerte ; un bilan sanguin doit être automatiquement prescrit pour mesurer le taux de glycémie.

Le dépistage et les traitements médicaux adaptés

Nous avons vu que certains signaux étaient plutôt évocateurs alors que d’autres restent silencieux. Par pudeur, les hommes évitent de parler à leur médecin de leurs problèmes sexuels, souvent source de honte et d’inquiétude. Il est pourtant l’interlocuteur privilégié pour comprendre et analyser les symptômes les plus intimes. Le silence est l’une des raisons qui retarde le dépistage. Le type 2 est souvent découvert à l’occasion d’un examen de routine ou après un accident médical plus grave nécessitant une hospitalisation. La prescription d’une simple prise de sang, pratiquée à jeun, permet de mesurer le taux de glycémie et de déceler cette maladie chronique. Il est important de ne pas négliger de petits symptômes et surtout de réaliser un bilan sanguin au moins une fois par an quel que soit l’âge du sujet.

Cette affection ne se guérit pas définitivement ; une prise en charge adaptée et permanente est impérative. Une fois dépistée, la maladie peut être relativement bien maîtrisée à condition de respecter scrupuleusement les recommandations médicales. Pour les cas insulino-dépendants de type 1, un apport régulier d’insuline synthétisée doit être administré par injection quotidienne ou via une pompe à insuline pour palier aux manques du pancréas. La prescription de médicaments anti-diabétiques oraux ou injectables peut être envisagée pour le type 2. Mais, dans un premier temps et quelque soit le degré de l’affection, la prise en charge repose majoritairement sur l’amélioration de l’hygiène de vie et son maintien. Pour parvenir à normaliser un taux glycémique, le corps médical préconise les mesures suivantes :

  • une perte et/ou un contrôle du poids
  • un rythme régulier et suffisant d’activités physiques
  • une alimentation équilibrée
  • un sevrage tabagique

Dans tous les cas, la réussite du traitement médical repose sur une surveillance stricte et régulière du taux de sucre dans le sang, qui devra se poursuivre à vie.

Les complications en cas d’absence ou de mauvaise prise en charge

Sans mesures efficaces pour sa régulation, le sucre continue de ronger les vaisseaux sanguins et les terminaisons nerveuses. La circulation sanguine se complique, ce qui affecte certains processus physiologiques du corps humains. On parle de comorbidité, lorsqu’une maladie chronique peut avoir de lourdes conséquences à différents niveaux. En l’occurence, le diabète peut affaiblir :

  • Le coeur : Le risque de développer des maladies coronariennes (infarctus, angine de poitrine, etc.) est accru en raison de l’encrassement des artères. Avec un taux élevé de glucose, le sang coagule davantage et les vaisseaux sanguins sont menacés de s’obstruer totalement. L’obésité, le surpoids, le cholestérol, l’âge et le tabagisme sont autant de facteurs associés qui favorisent l’hypertension artérielle.
  • Les reins : Leur paroi, censée filtrer le sang, devient perméable et laisse passer les déchets dans les urines, dans lesquelles on retrouve de l’albumine et des protéines : c’est la néphropathie. Il s’agit d’ailleurs la première cause d’insuffisance rénale. A certains stades, si les reins ne remplissent plus leur fonction, la dialyse est envisagée.
  • Le système neurologique : Les nerfs souffrent d’un manque d’oxygène évident causé par la mauvaise circulation sanguine. Certaines facultés peuvent en pâtir car les messages ne sont plus transmis au cerveau de manière efficace. Les répercussions neuropathiques se manifestent notamment par des troubles de la vision, de la digestion et de l’érection.
  • Les yeux : Une pression sanguine trop élevée peut endommager la rétine et la pupille (cataracte, oedème oculaire…) et créer des troubles de la vision. Les yeux doivent être régulièrement surveillés par un ophtalmologue sachant que les cas les plus graves, non diagnostiqués, peuvent allés jusqu’à la cécité.
  • La peau : Les tissus mal irrigués se fragilisent ce qui peut mener à des issues irréversibles en cas de nécrose : gangrène, amputation, etc. De plus, la présence du sucre dans le sang favorise un terrain propice au développement des bactéries, et rend la cicatrisation laborieuse.
  • La sphère psychique : La survenue d’un état dépressif n’est pas rare à l’annonce du diagnostic d’une maladie incurable. La pression sociale, la surveillance permanente, les conséquences sur sa vie personnelle et sexuelle, et la peur de la maladie sont de multiples raisons qui peuvent conduire les diabétiques à une fatigue psychologique.

Ces complications sont évidemment des conséquences extrêmes qui surviennent lorsque la maladie n’est pas accompagnée. Un suivi médical est impératif.

Concevoir diabète et vie sexuelle

Il est fréquent de trouver des causes psychologiques ou émotionnelles pour expliquer des pannes sexuelles isolées. Mais si cela se reproduit, ces symptômes non négligeables doivent alerter sur la présence possible d’affections capables de causer une impuissance.

Selon la fédération des diabétiques, 30 à 50% des hommes présentant une dysfonction érectile souffriraient d’hyperglycémie. Ce n’est donc pas une cause à prendre à la légère si vous souffrez de ce trouble. Mais ce n’est pas non plus une fatalité si vous apportez un soin particulier à votre hygiène de vie. La règle d’or : mangez sainement et pratiquez une activité sportive. Une alimentation moins grasse et moins sucrée, des légumes à chaque repas et quelques fruits, vous permettent de retrouver une santé physique satisfaisante tout en contrôlant votre poids. Nul doute que l’expression « mieux dans son corps, mieux dans sa tête » parlera aux plus récalcitrants.

L’un comme l’autre peuvent être source de stress. Certes, cette maladie ne se soigne pas mais si vous parvenez à normaliser votre taux de glycémie, vous pourrez sans doute réduire la fréquence de vos troubles de l’érection voire même les résoudre totalement.

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