En finir avec l’éjaculation précoce

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L’éjaculation précoce, la plus grande crainte de tout homme qui démarre sa vie sexuelle voire même après… Ce trouble est le premier motif de consultation chez un sexologue, avant même la perte de désir et l’impuissance. Qu’en est-il de ce dysfonctionnement tabou, souvent trop associé à la honte, un manque d’expérience et une atteinte de la virilité ?

L’éjaculation précoce – Qu’est-ce que c’est ? 

On parle d’éjaculation précoce – ou prématurée – lorsque l’érection ne dure pas suffisamment longtemps par rapport au souhait de l’homme concerné et qu’il s’agit d’un évènement récurrent et non occasionnel. 
Cependant, deux autres facteurs interviennent dans le diagnostic de l’éjaculation précoce : 

  • L’absence totale de contrôle sur l’éjaculation. 
  • Un mal-être engendré par la situation systématique.


On parlera d’éjaculation primaire ou secondaire selon le contexte d’apparition : 

  • L’éjaculation primaire correspond à une précocité qui a toujours existé dès le début de la vie sexuelle et ne s’est pas régulé ou réglé avec le temps et l’expérience.
  • L’éjaculation secondaire, elle, apparaît plus tard dans la vie sexuelle, suite à un évènement particulier ou avec certain(e)s partenaires.

20 à 30% des hommes ayant une vie sexuelle active seraient concernés par l’éjaculation précoce.

Quelles sont les causes de l’éjaculation précoce ? 

Il existe des causes biologiques et/ou psychologiques à l’éjaculation précoce : 
1. Causes biologiques : 

  • Une hypersensibilité du gland.
  • Des modifications hormonales (hyper ou hypothyroïdie par exemple).
  • Une maladie neurologique (sclérose en plaque, parkinson…) ou un trouble de la transmission nerveuse (hypersensibilité des récepteurs de la sérotonine, taux anormal de neurotransmetteurs…).
  • Une prostatite chronique (inflammation de la postate) ou une inflammation de l’urètre. 
  • Une lubrification pauvre chez le ou la partenaire, entraînant des frottements qui stimulent davantage l’excitation.
  • Certaines prises médicamenteuses (médicaments psychiatriques, capables de modifier certains messages au niveau du cerveau).


2. Causes psychologiques

  • Un dysfonctionnement déjà présent de l’érection, entraînant une perte de confiance et donc une difficulté à retenir l’éjaculation lorsque l’érection se prolonge davantage que d’habitude.
  • Des troubles anxieux ou une dépression.
  • Une perte de confiance en soi suite à une relation anxiogène (pression exercée par le ou la partenaire quant aux performances, relation toxique, humiliation ou domination sexuelle…). Une homme n’ayant jamais été victime d’éjaculation précoce dans ses anciennes relation et en développant une tardivement vit probablement des problèmes à mettre en lumière dans sa relation actuelle.


3. Cause comportementale : 

  • Une activité masturbatoire fréquente à l’adolescence avec une recherche d’éjaculation très rapide.

Complications chez l’homme atteint d’éjaculation précoce 

Même si l’éjaculation précoce n’est pas une maladie et donc non dangereuse pour la santé physique, la santé mentale en revanche peut être très touchée par cette incapacité de contrôle, aussi bien par rapport à la vision donnée par la société sur la précocité, mais également par une vie sexuelle non épanouie pour l’homme concerné et ses partenaires. A moyen ou long terme, les hommes éjaculateurs précoces ont tendance à se replier sur eux-mêmes, développer des troubles anxieux et ce jusqu’à fuir toute relation amoureuse et/ou sexuelle. Pour les hommes en couple, la relation peut s’en trouver réellement affectée, et peut même parfois se terminer. 

Quelles sont les solutions et les traitement possibles contre l’éjaculation précoce ?

1. Les traitements :

  • Des médicaments contre l’anxiété, pour une meilleure détente au moment des relations sexuelles.
  • Une crème anesthésiante à appliquer sur le prépuce pour réduire une possible hypersensibilité. 
  • Une sexothérapie, pour parvenir à mettre le doigt sur l’origine du trouble et reprendre confiance en soi. 


2. Les exercices à pratiquer :

  • Le Squeeze : Cette technique consiste à empêcher l’éjaculation en maintenant une pression à la fois sur le gland et le frein au moment où elle survient. Ainsi, le réflexe d’éjaculation trop rapide est censé disparaître petit à petit. Cette méthode est cependant controversée car engendre très souvent une perte de l’excitation et donc une perte de l’érection, rendant impossible la fin du rapport sexuel ou de la masturbation et entraînant donc des frustrations. 
  • Le Stop and Go : Comme son nom l’indique, il s’agit de s’arrêter pour ensuite repartir. Lorsque l’homme ressent une contraction de son périnée indiquant l’arrivée de l’éjaculation, le principe est de stopper tout mouvement jusqu’à disparition de la contraction et une baisse de l’excitation. A ce moment-là, les mouvements peuvent alors être repris. 
    Ces deux méthodes sont totalement non exhaustives et nécessitent l’avis d’un professionnel spécialisé. 
    Certains diront cependant que le problème est seulement contourné par cette technique car ne se situe pas dans la maîtrise mais un relâchement uniquement. 

En conclusion 

En fonction de l’origine de l’éjaculation précoce, la prise en charge ne sera pas la même mais il n’existe aucune solution miracle qui fonctionnera de manière instantanée. L’application régulière d’exercices recommandés par un professionnel ainsi qu’une bonne communication avec son ou sa partenaire sont primordiales pour qu’une possible amélioration puisse opérer.

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