Age et problème d’Erection – 30 40 50 60 ans et plus – est ce corrélé ?

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Les dysfonctions érectiles touchent 150 millions d’hommes dans le monde et 3,5 millions en France.
L’érection est liée à la santé vasculaire, le facteur âge entraine dès lors certaines conséquences sur la qualité de celle-ci. Certaines pathologies, telles que maladies vasculaires ou diabète, deviennent plus fréquentes et le risque d’avoir des problèmes d’érection pour un homme, à partir de 40 ans, est évalué à 52 %.

Dysfonction érectile : qu’est-ce que l’impuissance ?

On parle de dysfonction érectile en cas de difficulté chronique à avoir et maintenir une érection sur la durée. Les motifs peuvent être d’ordre psychologique (stress, anxiété…) ou liés à des troubles vasculaires, hormonaux ou neurologiques. 
Ce trouble est assez courant chez les hommes, notamment à partir de la quarantaine. Ce processus sexuel amoindrie empiète sur la qualité de vie du sujet atteint ainsi que sur celle de sa partenaire.
Cette affection peut générer une perte d’estime de soi, ternir l’image de soi, ou entrainer la dépression. L’impuissance peut grandement endommager la sexualité du couple, et même mener à un évitement de tout contact physique d’un homme avec sa partenaire. 
Les troubles de l’érection peuvent également amplifier le stress émotionnel. Ce stress peut alors, par lui-même, renforcer les éléments psychogènes de la dysfonction érectile.
Attention, ce n’est pas parce qu’un homme a une « panne » de temps à autre qu’il est victime de troubles de l’érection. Il s’agit là d’un incident normal et somme tout inévitable au cours d’une vie. Au contraire, si cela se répète de façon régulière et que cela porte atteinte à la vie sexuelle, il y a un problème.

Les symptômes du dysfonctionnement érectile


Les symptômes les plus communs des troubles de l’érection sont l’impossibilité d’obtenir et de conserver une érection lors d’une relation sexuelle, une libido en berne, ainsi qu’une grande anxiété concernant la performance sexuelle.
D’autres types de dysfonctions sexuelles masculines peuvent inclure :

  • des troubles de la libido et un manque d’intérêt sexuel
  • l’orgasme
  • l’éjaculation

Origine et cause de l’impuissance

Une multitude de raisons peuvent générer une dysfonction sexuelle — qui peut même être le premier symptôme d’une pathologie jusqu’alors non diagnostiquée.
Il faut savoir que l’érection est assurée au moyen de l’équilibre du flux sanguin entre l’intérieur et l’extérieur du pénis. 
L’érection du pénis est donc un phénomène neuro-vasculaire qui nécessite le gonflement des vaisseaux du pénis, le relâchement des muscles lisses, l’accumulation du flux sanguin dans les corps caverneux et l’engorgement des veines.
Les deux corps caverneux qui se trouvent au niveau du pénis forment un tissu spongieux et élastique. Composés d’espaces vides, ces corps caverneux se remplissent de sang durant l’érection. Voilà qui explique pourquoi les pathologies vasculaires du pénis sont les raisons les plus fréquentes qui expliquent près de 80 % des cas de dysfonction érectile organique.
Il peut y avoir d’autres pathologies pouvant entrainer cette dysfonction érectile :

  • Des maladies neurologiques, comme les répercussions d’une intervention sur un cancer pelvien, entrainant une ablation de la prostate, qui touche les nerfs érectiles. 
    Mais aussi en cas de scission de la moelle épinière chez des patients tétra ou paraplégiques
  • Des troubles endocrinien : défaut de l’appareil reproducteur menant à un déficit de fonction des testicules (hypogonadisme), surproduction d’une hormone nommée prolactine (hyperprolactinémie) ou maladie de la thyroïde
  • Les hyperplasies bégnines de la prostate, dont les origines sont mal définies. Ici, même si un facteur comme une dysfonction endothéliale — soit un mauvais fonctionnement des vaisseaux sanguins – qui peut devenir un élément d’ordre psychogène associé à une angoisse de la performance, joue aussi fortement. Souvent, le simple fait de traiter cet élément psychologique permet de rétablir une érection normale
  • Le diabète

Identifier l’origine de la dysfonction érectile


Le diagnostic peut être réalisé par un médecin généraliste qui peut, éventuellement, diriger le sujet vers un médecin urologue ou un sexologue. 
Il faut garder en tête que la dysfonction érectile peut être un signe avant-coureur de défaillances systémiques importantes, comme un diabète ou une pathologie cardio-vasculaire.
Les détails concernant l’histoire du patient et son examen clinique pourront être complétés dans le but de déterminer la cause de l’impuissance. 
Ainsi, un diagnostic plus approfondi aura pour objectif de :

  • affirmer que l’individus souffre effectivement de dysfonction érectile et/ou d’une autre dysfonction sexuelle, comme l’absence de désir ou l’éjaculation précoce
  • déterminer la sévérité de la maladie
  • évaluer si la dysfonction érectile est d’origine psychogène ou organique
  • déterminer les facteurs de risque ou les comorbidités
  • évaluer la condition physique du patient l’autorisant à reprendre une activité sexuelle


Au cours de l’examen physique, seront évalués :

  • l’organe génital externe
  • les systèmes endocriniens et vasculaires
  • la prostate


Au niveau des examens cliniques seront mesurés :

  • les concentrations en testostérone dans le sang
  • les lipides ainsi que le glucose seront dosés à jeun
  • des antigènes spécifiques de la prostate seront analysés chez les patients de plus de 50 ans
  • à la suite de ces premiers examens, des recherches approfondies pourront évaluer l’hormone lutéinisante, la prolactine et les fractions HDL et LDL du cholestérol
  • enfin, si besoin, un doppler pourra renseigner sur l’hémodynamique du pénis, l’objectif étant de discerner une insuffisance artérielle ou un dysfonctionnement de l’occlusion veineuse.

Age d’apparition des troubles de l’érection

Les troubles de l’érection concernent essentiellement les hommes à partir de 40 ans. La dysfonction érectile totale touche ainsi :

  • environ 5 % des individus au-delà de 40 ans
  • 10 % des individus ayant atteint la soixantaine
  • 15 % des individus de 70 ans et plus
  • 30 à 40 % des individus âgés de plus de 80 ans

Les jeunes hommes sont aussi concernés


En effet, quand elle est d’origine psychogène, la dysfonction érectile est plus commune chez les individus plus jeunes, qui évoquent un démarrage de dysfonction érectile plutôt brutal et des érections matinales ou nocturnes prématurées et soutenues.
Cette impuissance d’ordre psychologique est provoquée par différents problèmes : l’angoisse de la performance essentiellement, mais aussi un sentiment de culpabilité, un état dépressif, des difficultés relationnelles, ou tout simplement la peur…
Les troubles de l’érection réguliers et persistants chez les jeunes hommes doivent faire l’objet d’un examen. En effet, ils peuvent, de manière générale, être le premier signe d’une maladie cardio-vasculaire ou d’un diabète.

Les facteurs de risque de la dysfonction érectile

Excepté l’âge d’apparition, les facteurs de risque prédominants de la dysfonction érectile restent les mêmes que pour les maladies cardio-vasculaires. Soit, principalement, toutes les conditions qui altèrent le bon fonctionnement des vaisseaux sanguins :

  • le tabac, accroit le risque d’infarctus et le risque d’accident vasculaire cérébral. Ainsi, quand un homme arrête de fumer, il constate assez rapidement que ses érections retrouvent une vigueur qu’elles avaient perdue
  • l’alcool, au-delà de trois verres de vin journaliers ou équivalent en dose d’alcool
  • le diabète a tendance à altérer l’érection par de nombreux mécanismes. Les artères ont plus de risques de faire des plaques d’athérome qui en rétrécissent le calibre. Les nerfs sont aussi impactés par le diabète, y compris les nerfs érecteurs. En cas de difficulté érectile, il est important de consulter lorsque l’on est diabétique, pour prévenir au mieux et traiter si besoin est. 
  • l’hypertension artérielle non traitée agresse en permanence le réseau artériel en l’obligeant à supporter une pression exagérée qui lui est néfaste. 
  • l’obésité est le témoin d’un métabolisme déséquilibré qui abime l’intérieur des artères. Le surpoids accroit alors le risque que celles-ci soient abîmées 
  • le manque d’exercice physique finit par endommager les artères. Se dépenser participe à faire travailler le cœur pour oxygéner toutes les cellules du corps

Parmi les autres facteurs de risque, l’on compte également la dépression, ou les troubles endocriniens.
Certains médicaments contre l’hypertension, ou visant à diminuer le taux de lipides dans le sang, peuvent aussi avoir pour effet secondaire d’exacerber cette dysfonction érectile.

Prévenir et éviter les troubles de l’érection

Les facteurs de protection permettant de prévenir la dysfonction érectile consistent, avant tout, à s’orienter vers un mode de vie plus saine. La pratique d’une activité physique régulière est donc indispensable. 
Les autres facteurs de prévention sont liés à l’alimentation, pour prévenir le diabète, l’obésité et l’hypertension. 
Evidemment, la consommation de tabac et de drogues diverses sont à proscrire… 
Il en va de même pour la consommation d’alcool qui doit rester modérée.
Enfin, puisque les relations sexuelles sont reliées non seulement à des facteurs physiques, mais aussi psychologiques, toute personne qui désire agir en prévention ne doit pas exclure les facteurs de santé émotive et relationnelle : de nombreux experts ont constaté que l’une des meilleures mesures préventives était de faire l’amour le plus souvent possible !

La sexualité n’a pas de date d’expiration


Si les dysfonctions érectiles sont plus fréquentes du côté des personnes âgées, c’est notamment parce qu’elles sont plus susceptibles de souffrir de pathologies connexes et de suivre davantage de traitements thérapeutiques qui altèrent la fonction érectile.

Sources :
Dr Pierre Bondil, La dysfonction érectile, édition John Libbey Eurotext (2004)
Erecinfo.be

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