Dernières connaissances sur la maladie de Lapeyronie – Où en sommes-nous ?

Sommaire

La Lapeyronie, comment la soigner ? 

La maladie de Lapeyronie est une affection du pénis. Elle est caractérisée par la présence de plaques de tissus fibreux ressemblant à une cicatrice interne palpable. Ses symptômes sont la présence de courbure et/ou de douleur lors de l’érection.

Les origines et les causes de la Lapeyronie relèvent encore de la théorie. Cette incertitude n’empêche pas l’existence de plusieurs approches thérapeutiques pour traiter la Lapeyronie, allant de traitement par ondes de choc à l’opération chirurgiclae en passant par les traitements médicamenteux.

Plus rassurant, les avancées de la connaissance du Peyronie’s diseaise (comme l’appellent les américains !) sont porteurs d’espoir. Ainsi, des recherches cliniques sont en cours pour valider de nouvelles thérapies de la Lapeyronie.

La Lapeyronie, c’est quoi ?

La Lapeyronie est une fibrose qui affecte la verge. C’est une déformation du pénis due à la présence d’un ou de plusieurs nodules fibreux dans l’albuginée entourant les corps caverneux.

Les corps caverneux sont des structures spongieuses capables de se gorger de sang lors de l’érection. L’albuginée est une membrane élastique qui entoure les caverneux et qui accompagne l’allongement du pénis.

La présence irrégulière de nodules de fibrose (rigidité ou calcification due à une cicatrisation) dans l’albuginée cause une distension anormale qui engendre une courbure du pénis et éventuellement une douleur.

En fonction de l’importance de l’angulation pénienne, les rapports sexuels sont soient douloureux, inconfortables ou impossibles.

Quelques statistiques sur la Lapeyronie

– 3 à 9 % des hommes auront le pénis coudé un jour (selon la tranche d’âge).

– 5 à 10 % des cas enregistrés présentent des déformations et des gênes importantes.

– 53 – 55 ans est la tranche d’âge la plus atteinte.

– 20 % des hommes atteints de la maladie de Dupuytren (fibromatose avec courbure interne des doigts) développe également une Lapeyronie.

– 30 % de rémission chez les jeunes présentant de petites plaques.

– 2/3 des patients étaient améliorés par le Xiapex, médicament non commercialisé en Europe depuis Janvier 2020 !

Quelles sont les origines et causes de la Lapeyronie ?

L’origine de la maladie de Lapeyronie est encore mal comprise. Les urologues mettent en cause plusieurs facteurs plausibles.

Certains spécialistes affirment que c’est une maladie acquise, ce qui exclut toute origine héréditaire ou congénitale (présence à la naissance). Les blessures, fractures et autres microtraumatismes subis par le pénis font consensus à ce sujet (le taux de 40 % est avancé). Une verge peut être endommagée lors d’activités sexuelles, sportives ou à la suite d’un accident.

D’autres hypothèses et théories de travail sont prises en considération par les etudes en cours. Elles soupçonnent une origine auto-immune (défaillance du système immunitaire), une cause ischémique (diminution de l’apport sanguin par les artères) ou une association avec d’autres troubles de la santé :

  • un diabète (altération des vaisseaux qui irriguent la verge) ;
  • la maladie de Dupuytern (développement des tumeurs bénignes au niveau de la main et infléchissement des doigts vers l’intérieur) ;
  • la maladie de Ledderhose (fibromatose avec apparition de nodules au niveau de la plante des pieds).

En cas de traumatisme de la verge, il arrive que le processus de cicatrisation naturelle soit désorganisé, causant des nodules, plaques ou sceaux (un manque d’élasticité de la membrane est généré). La dilatation du pénis est ainsi dirigée vers le ventre, le bas ou sur les côtés.

L’érection pourrait devenir douloureuse durant la phase inflammatoire. De même, certains patients développent une dysfonction érectile qui nécessiterait dans les cas sévères un accompagnement psychologique.

Les etudes en cours portant sur l’origine de la Leyperonie sont importantes aussi bien au niveau de la prévention que du traitement.

Quel traitement pour la Lapeyronie ?

Il existe actuellement plusieurs approches thérapeutiques pour soigner la Lapeyronie. Aucune ne garantit la guérison. C’est pour cette raison que les urologues, andrologues et autres spécialistes de maladies de la verge préconisent une approche additive. Des recherches cliniques sont en cours pour homologuer de nouveaux traitements de la Lapeyronie.

Les approches thérapeutiques de la Lapeyronie

La prise en charge de la Lapeyronie dépend du stade de l’évolution et de la sévérité des symptômes. Il est à souligner que l’évolution de la maladie de Lapeyronie se fait généralement en deux phases s’étalant de 12 à 18 mois. La première est inflammatoire avec des souffrances à l’érection alors que la seconde est caractérisée par la déformation du pénis.

L’APPROCHE ATTENTISTE

Les médecins sexologues et les autres spécialistes des maladies de la verge peuvent vous recommander d’attendre si l’activité sexuelle et l’érection se font sans souffrir le martyre. Il est, en effet, relevé que l’inflammation s’estompe sans prise de médicaments chez certains malades.

L’APPROCHE MÉDICAMENTEUSE

Un certain nombre de médicaments oraux sont prescrits pour traiter la Lapeyronie bien que leur efficacité constante n’ait pas été démontrée. Il peut s’agir de vasodilatateurs artériels pour améliorer la circulation sanguine, de médicaments réducteurs de la quantité de tissu cicatriciel ou d’injections anti-inflammatoires pour réduire la douleur.

La vitamine E est aussi prescrite pour son effet anti-oxydation.

Le cas du Xiapex

Plébiscité aux États-Unis, il était le premier médicament autorisé en France pour guérir de la maladie de Lapeyronie en cas d’angulation supérieure à 30 degrés. Il a été introduit en 2017 par une société de distribution pharmaceutique qui avait signé un accord de commercialisation en Europe avec le fabricant américain.

Au grand malheur des patients, cet accord est rompu pour des questions de marge semble-t-il ! Le médicament n’est plus en vente depuis début 2020.

Ce médicament est une injection pratiquée par un médecin formé à cette technique d’origine américaine. Le traitant localise la plaque rigide de fibrose et y injecte la solution sous hypnose locale. Pour 65 % des patients traités, l’angulation du pénis est réduite de 20 degrés grâce à l’assouplissement des fibroses et à la cassure des fibres de collagène. Le nombre d’injections est variable selon la sévérité des cas (de 2 à 8 injections).

LE TRAITEMENT PAR ONDES DE CHOC

La thérapie par ondes de choc pour soigner la Lapeyronie est une adaptation d’une technologie médicale déjà mise à l’épreuve dans d’autres domaines de la médecine (calculs rénaux, calcifications des tendons, etc).

Les ondes de choc sont des pulsations acoustiques qui pénètrent dans les tissus des corps caverneux. Ces vibrations d’énergie induisent la réparation et la fabrication de nouveaux vaisseaux. La vascularisation (production de vaisseaux) diminue l’inflammation de la plaque et les sensations douloureuses.

L’objectif médical du traitement par ondes de choc de la Lapeyronie est de donner un effet analgésique à même de reprendre une activité sexuelle épanouie. Les ondes de chocs ont peu d’effet sur l’incurvation de la verge.

La prise en soin de la Lapeyronie par ondes de choc se réalise sans analgésie et sans aucune préparation. Elle consiste à appliquer une sonde qui émet des ondes à faible intensité sur la plaque palpable de la membrane entourant les cavités profondes. Elle porte sur une série de 6 séances de 30 mn à raison d’une fois par semaine.

Les appareils utilisés pour la thérapie par ondes de choc de la Lapeyronie sont constamment innovés. Les têtes de tir sont de plus en plus améliorées (ondes pièzoélectriques, etc).

L’APPROCHE CHIRURGICALE

La guérison de la Lapeyronie par la chirurgie est possible. Cette approche est recommandée quand la déformation du pénis est grave et s’est stabilisée.

Le traitement de la Leyperonie par opération chirurgiclae repose sur deux types de techniques : les techniques palliatives (implant pénien) et les interventions réparatrices et de réalignement (plicature simple, technique de Nesbit, dilacération de la plaque par des aiguilles…).

L’incision-greffe consiste quant à elle à retirer la plaque de fibrose à l’origine du fléchissement de la verge. Un greffon fait de matière spongieuse est inséré dans le creux créé pour compenser la perte de volume ; il est naturellement colonisé par les cellules et s’intègre sans aucun souci.

L’hospitalisation dure une journée. L’abstention sexuelle est imposée pendant un à deux mois. En période de convalescence, le malade doit provoquer une érection artificielle par le biais d’une pompe à vide pour permettre une cicatrisation rectiligne.

L’EXTENSEUR PÉNIEN

Des tractations de la verge sans chirurgie sont également possibles. Très pratiquée aux États-Unis avec un taux d’amélioration de 60 %, cette prise en charge de la Lapeyronie est peu confortable. Elle impose le port d’un extenseur pénien durant 3 heures pendant 6 mois.

L’IONTOPHORESE

Un courant électrique à bas ampérage diffuse des substances médicamenteuses dans la zone fibreuse.

MASSAGE

Les pressions exercées sur les nodules visent à leur redonner de l’élasticité dans l’espoir de diminuer l’angulation qu’elles causent.

Les études en cours de finalisation

Ces études en cours portent sur les causes et la genèse de la déformation, les mécanismes biochimiques et les traitements.

Concernant l’origine de la Lapeyronie, des recherches faites sur des animaux et des pièces chirurgicales (plaques retirées) tendent à confirmer que les microtraumatismes répétées sont la cause principale de la maladie. Ils provoquent une extravasation sanguinaire, suivie consécutivement d’une réponse inflammatoire et d’une formation des plaques qui déforment le pénis.

Pour le mécanisme biochimique, la théorie de travail la plus avancée attribuerait la fibrose à un stress oxydatif dû aux dilatations permanentes (y compris les érections de nuit). Un dépôt de collagènes en résulterait et se transformerait en plaques.

Concernant le volet des recherches cliniques en cours portant sur la thérapie, nous pouvons citer à titre d’exemple les essais sur la technique dite cellulaire autologue (déjà utilisée en médecine sportive et esthétique) et adaptée à la maladie de Lapeyronie. En termes simples, elle consiste à centrifuger du sang du patient (PRP), à le mélanger avec de l’acide hyaluronique et à injecter ce mélange à l’intérieur de la fibrose grâce à des images infographiques. Les résultats sont encourageants.

D’autres travaux de recherche basés sur l’ingénierie de tissus de l’albuginée sont également menés pour trouver une thérapie à résultat garanti et constant.

La maladie de Layperonie est soignable malgré le retrait du Xiapex. Plusieurs thérapies alternatives apportent des améliorations significatives aux patients. Les recherches en cours et les nouvelles théories de travail sont nombreuses et encourageantes.

Les collègues de 21ème siècle du Dr Lapeyronie (médecin chirurgien de Louis XV) ne manquent pas de moyens, d’ambition et d’espoir pour soulager les malades de la Layperonie.

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