Maladie cardio-vasculaire et Impuissance – une autre cause inquiétante

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Pannes sexuelles : méfiez-vous des maladies cardiovasculaires

La sexualité est un sujet qui se démocratise. A la télévision, dans la presse, sur internet, au bureau ou autour d’un verre, la parole des français se libère. Mais dans une société où la virilité est synonyme de performance, il reste difficile de parler de son impuissance. Pourtant, ce symptôme parfois très révélateur peut aider le médecin dans le diagnostic d’un problème cardiovasculaire.

Le sexe, baromètre de santé

Les andrologues sont unanimes : le bon fonctionnement d’une érection est le signe du bon état des vaisseaux et du corps caverneux, et d’une circulation sanguine efficace. Une panne sexuelle isolée peut très bien être d’origine psychologique, mais si elle se répète, il convient de chercher d’autres causes plus profondes. En effet, il ne s’agit pas uniquement d’un évènement privé de la vie sexuelle de l’homme, mais bien d’un symptôme médical avant tout. Alors que le patient n’en a pas conscience, un dysfonctionnement érectile peut être la toute première manifestation d’une pathologie cardiaque.

Les maladies du coeur : quand le corps tombe en panne

Comment se déclenchent-elles ?

De la taille d’un poing, le coeur est un muscle qui bat en moyenne 100 000 fois par jour. Il prend le rôle d’une pompe pour aspirer puis relancer la circulation sanguine dans les veines et les artères à chaque battement. L’oxygène et les nutriments essentiels sont acheminés jusqu’aux cellules qui nourrissent à leur tour chaque organe. Si une partie du réseau cardiaque se détériore ou s’obstrue, le circuit ralentit ou s’arrête et empêche l’alimentation des organes. C’est ainsi que débute un trouble cardiovasculaire.

Première cause de mortalité dans le monde

Les complications inhérentes au mauvais fonctionnement du coeur sont nombreuses. Parmi elles, l’arrêt brutal de la circulation sanguine est une urgence vitale qui se manifeste de deux manières :

  • L’infarctus du myocarde (IDM) appelé communément « crise cardiaque »: Nécrose du muscle du coeur suite à l’obstruction d’une ou plusieurs artères,
  • L’accident vasculaire cérébral (AVC): Accident neurologique causé par l’interruption partielle ou totale de la circulation sanguine du cerveau.

D’autres affections, caractérisées plutôt par une altération des vaisseaux ou du coeur, s’installent plus progressivement. Sans prise en charge, elles accroissent considérablement le risque d’accidents cardiovasculaires mortels comme c’est le cas de :

  • L’hypertension artérielle: Pression sanguine anormalement élevée entraînant un vieillissement prématuré des artères et du coeur,
  • L’athérosclérose: Lésions de la paroi des artères provoquées par des plaques de lipides (athéromes) pouvant conduire à la sclérose,
  • L’angine de poitrine: Souffrance cardiaque liée à un manque d’oxygène occasionnant de violentes douleurs dans la poitrine à l’effort,
  • L’arythmie cardiaque: Perturbations du rythme du coeur marquées par des épisodes de ralentissement ou d’accélération,
  • L’insuffisance cardiaque: Défaillances de la pompe du coeur affaiblissant le débit sanguin.

Toutes ces maladies sont interreliées. Le diagnostic de l’une d’entre elles, multiplie le facteur de risque de toutes les autres. Pourtant, une grande partie est favorisée par la pratique continue de comportements alimentaires inadaptés.

Les principaux responsables

Alors que glucose et diabète ne font pas bon ménage, le cholestérol est l’ennemi n°1 du coeur. Les graisses, consommées en trop grande quantité, forment des dépôts sur les parois internes des vaisseaux sanguins : c’est l’hypercholestérolémie.

D’une manière générale, une alimentation déséquilibrée, trop grasse, trop sucrée, pauvre en fruits et légumes, constitue un facteur de risque évident. Le surpoids, l’obésité, un style de vie sédentaire ou la consommation de tabac et d’alcool, sont autant de paramètres associés qui ne doivent pas être négligés. Tous contribuent à une mauvaise hygiène de vie. Grand fléau de notre société, le stress, est pointé du doigt par les spécialistes pour être le catalyseur de nombreux problèmes de santé notamment cardiaques. Il touche aussi largement les plus jeunes, et serait à l’origine de divers comportements de compensation (malbouffe, tabac, alcool, drogues).

En présence de maladies chroniques comme le diabète, les pathologies cardiovasculaires révèlent une comorbidité plus sévère.

Dysfonctionnement érectile : un signe à ne plus prendre à la légère

Le lien entre les troubles vasculaires et érectiles

Le pénis, grâce aux fibres musculaires de ses corps caverneux, agit comme un système de pompe tout comme le myocarde. Lors de l’érection, les corps caverneux se dilatent ; l’afflux sanguin est libéré dans le pénis qui se gorge de sang et se rigidifie. A l’inverse, au repos, ils se contractent afin d’empêcher le sang de remonter. Si la circulation sanguine générale est appauvrie, la vascularisation de l’organe génital se détériore. A chaque tentative, l’afflux de sang sera donc insuffisant pour maintenir une bonne érection. C’est ce qui mène à l’impuissance.

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L’importance du bilan médical

Chez le patient, déjà traité pour une ou plusieurs maladies

Qu’il soit cardiaque, hypertendu ou diabétique, le patient connaît les risques qu’il encourt. Son suivi médical est régulier. En fonction de l’âge et de l’hérédité, le médecin adapte une prise en charge sur le long terme pour pouvoir mieux contrôler ses affections. La prise en charge de certaines maladies cardiovasculaires peut nécessiter la prescription de bêtabloquants pour ralentir et renforcer les contractions du coeur ou celle d’antihypertenseurs pour rétablir la pression artérielle. L’action de ces traitements entraîne divers effets secondaires indésirables notamment des dysfonctions érectiles. En connaissance des problèmes cardiaques existants, le médecin peut traiter sans risques les troubles sexuels de son patient avec un inhibiteur de phosphodiestérase de type 5 (Viagra®, Cialis®, Levitra®…), ou un traitement par ondes de choc Novelator®. 

Chez le patient, sans antécédents connus

Avant la pose du diagnostic, le développement de troubles cardiovasculaires peut rester silencieux. Les symptômes les plus graves, comme une forte douleur dans la poitrine, les malaises et les vomissements, se déclenchent souvent brutalement et nécessitent une hospitalisation en urgence. Chez le patient sans antécédents connus, il faut impérativement identifier les signes annonciateurs même isolés, comme un dysfonctionnement érectile. Généralement, il n’a pas conscience que les troubles d’ordre sexuel peuvent être révélateurs de pathologies sous-jacentes. Le diagnostic, souvent très lent, peut être posé uniquement le jour d’un accident vasculaire. Tout type de symptôme, qu’il soit isolé ou intime, doit conduire à une consultation médicale, pour écarter la présence de maladies plus graves.

Lorsqu’une maladie chronique comme l’hypercholestérolémie, le diabète ou l’hypertension artérielle, est décelée, une prise en charge quotidienne adaptée peut réduire les risques de développer des complications. La prévention sur le long terme devient un enjeu majeur.

Les recommandations pour prévenir les maladies cardiovasculaires et retrouver ses performances sexuelles

À l’exception de l’âge et de l’hérédité, les facteurs de risques cardiovasculaires sont réversibles. Lors de la survenue d’un problème cardiaque, beaucoup d’hommes ont le déclic. Il est évident que, sans changement radical de leurs habitudes, la récidive est inévitable. Une sonnette d’alarme grâce à laquelle ils mesurent la valeur de leur santé. L’amélioration de l’hygiène de vie permet au corps de fonctionner correctement sur les plans cardiaques, neurologiques, respiratoires et sexuels. La prévention, commune à de nombreuses pathologies, doit être menée au plus tôt voire dès le plus jeune âge. Inutile d’attendre qu’il soit trop tard, suivez dès aujourd’hui ces 6 conseils pour retrouver votre vigueur masculine:

1.   Adoptez une alimentation équilibrée

L’objectif est d’apporter au corps uniquement les nutriments dont il a besoin. Gardez en tête que les sucres, les graisses et le sel présents dans notre alimentation sont superflus. Ils doivent être limités sans pour autant être totalement supprimés. Consommés en excès, ils deviennent forcément néfastes à terme pour les veines et les artères. Des repas sains et variés, riches en légumes et fruits doivent être adaptés en fonction de vos dépenses énergétiques. Il n’est pas question ici de « privation », la notion de plaisir est importante. N’hésitez pas à demander conseil à un diététicien.

2.   Pratiquez une activité physique régulière

Indissociable du premier conseil, la pratique sportive vous aide à retrouver et surtout conserver un poids de forme. Ne misez pas forcément sur l’intensité, l’idée principale est de « bouger » pour lutter contre la sédentarité. Depuis 2002, le Programme National Nutrition Santé (PNNS) recommande de pratiquer l’équivalent de 30 minutes de marche minimum par jour.

3.   Arrêtez de fumer

La cigarette réduit considérablement l’espérance de vie des jeunes et des moins jeunes. Selon la fédération de cardiologie, le risque d’infarctus et d’AVC disparaît totalement pour les fumeurs ayant écrasé leur dernière cigarette avant 30 ans. Après un infarctus, arrêter de fumer diminue de 36% le risque de décès et de 32% le risque de récidive. Les fumeurs sont plus susceptibles d’être touchés par l’impuissance et l’infertilité, des troubles sexuels qui peuvent se résorber dès le début d’un sevrage. Il n’est donc jamais trop tard pour arrêter de fumer. Votre médecin peut vous proposer une méthode adaptée à vos besoins en fonction de vos habitudes et de votre accoutumance.

4.   Contrôlez votre maladie chronique

Il convient de rappeler qu’une prise en charge quotidienne est la condition sine qua non pour une bonne maîtrise de la maladie. Mesurer sa glycémie, évaluer son taux de cholestérol, prendre sa tension sont des automatismes essentiels à acquérir pour tout sujet considéré « à risque ». Les résultats dépendent du respect d’une hygiène de vie exemplaire. Le suivi médical est indispensable pour pouvoir ajuster le traitement et surveiller l’évolution.

5.   Réduisez votre consommation d’alcool

Un verre de vin est-il vraiment bon pour la santé ? A condition que les 4 premiers conseils soit respectés, un seul verre ne sera pas néfaste. Mais l’abus d’alcool est évidemment dangereux pour la santé, et risque d’abîmer le système artériel et veineux au même titre que le tabac. Un seul mot d’ordre : la modération.

6.   Réduisez le stress quotidien

C’est sans doute le conseil le plus universel. Sous une forme aiguë et durable, le stress peut être vecteur de nombreuses pathologies, psychologiques et physiologiques. La recherche de performance, les problèmes sociaux, la peur d’une maladie, le surmenage sont des événements extérieurs indépendants de notre volonté, qui peuvent influer sur notre moral. Il est nécessaire de s’accorder du temps, de savoir se détacher des éléments perturbateurs. Plusieurs techniques comme la psychologie, la sophrologie, la méditation ou le yoga peuvent vous aider à surmonter une période de stress intense mais peut aussi vous accompagner dans l’ensemble des conseils que nous venons d’énumérer.Dans certains cas, une panne sexuelle est un signe plus parlant qu’il n’y paraît. Même si son origine n’est pas systématiquement pathologique, elle nécessite toujours un avis médical. Il s’agit peut-être d’un présage déterminant pour vous sauver la vie.

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