Prévention de la maladie de Lapeyronie

Sommaire

Définition de la maladie de Lapeyronie 


La maladie de Lapeyronie, aussi appelée Induratio penis plastica a été pour la première fois évoquée sous Louis XV, par son chirurgien personnel François de La Peyronie. Cette affection est provoquée par la formation d’une plaque fibreuse dans le corps caverneux ou plus précisément son enveloppe, l’albuginée. Cette plaque fibreuse, composée de collagène, provoque une courbure anormale et parfois douloureuse du pénis, notamment lors de l’érection et peut également provoquer des troubles de celle-ci. La plaque formée crée la déviation du pénis, le corps caverneux ne pouvant pas devenir extensible. Cependant, au repos, la verge conserve son apparence habituelle. 

Population touchée 

Cette affection touche entre 1 et 5 % des hommes, surtout vers l’âge de 50 ans avec une corrélation plus importante chez les hommes de type européen de groupe A+, actifs sexuellement. Après 50 ans, jusqu’à 9 % des hommes peuvent être touchés. 

Étiologie de la maladie 

La maladie de Lapeyronie apparaît toujours progressivement ou soudainement au cours de la vie mais n’est jamais présente à la naissance. Les causes sont peu connues, il s’agirait de traumatismes subis lors de rapports sexuels qui déclencheraient l’apparition de fibrose ou bien de pathologies auto-immunes ou ischémiques

On observe cependant une corrélation de Lapeyronie avec des antécédents de diabète, la maladie de Dupuytren (fibromatose palmaire doublée d’apparition de tumeurs à la main) et la maladie de Ledderhose (fibromatose plantaire). Dans le cas de la maladie de Dupuytren, 20% des hommes qui en souffrent sont susceptibles de présenter une maladie de Lapeyronie par la suite. 
Des antécédents d’hypertension artérielle, d’arthrite, d’hyperlipidémie, de déficit en testostérone ou le tabagisme peuvent également jouer sur l’apparition de la pathologie. 

Symptômes : reconnaître une maladie de Lapeyronie 

Plusieurs signes très spécifiques orientent rapidement le diagnostic de Lapeyronie :

  • La déformation du pénis en érection : La courbure de la verge est le tout premier indice qui sert à orienter le diagnostic, il s’agit du signe le plus spécifique à la pathologie. À l’apparition de la maladie, des couches de tissu destinées à la cicatrisation vont se créer. La plaque fibreuse empêche alors l’élasticité de la peau du pénis qui, lors de l’érection, finit par dévier jusqu’à se stabiliser dans sa déviation. Généralement, la courbure se fait de manière dorsale, c’est-à-dire vers le haut. Les raccourcissements du pénis ou les étranglements en “sablier” existent également mais sont plus rares. 
  • Un dysfonctionnement érectile : Les douleurs provoquées par la courbure peuvent être extrêmement gênantes voire invalidantes lors de l’érection et donc des rapports sexuels. 
  • À la Palpation : Des zones dures aux endroits des plaques fibreuses sont identifiables à la palpation de la verge et aident ainsi au diagnostic. Les plaques peuvent être aussi bien fermes que molles, calcifiées et parfois même ossifiées. 
  • Par imageries : Si le diagnostic est difficile à établir par les éléments ci-dessus, des imageries telles qu’une échographie ou une IRM sont efficaces pour déceler les plaques fibreuses. 

Diagnostics différentiels 

Quelques rares autres diagnostics doivent être écartés avant de statuer sur une maladie de Lapeyronie : 

  • Une courbure congénitale et donc non acquise avec le temps. 
  • Un frein trop court provoquant une courbure par effet de tirage sur la peau. 
  • Un Hypospadias (malformation congénitale où le méat urinaire se situe sur la face inférieure de la verge et non à l’extrémité). 

Qui consulter ? 

L’urologue est le médecin spécialisé dans les voies urinaires et les troubles érectiles. Il est donc le plus qualifié pour diagnostiquer et traiter une maladie de Lapeyronie.

Singularité des douleurs 

La plupart du temps, les douleurs apparaissent à l’érection et dans de rares cas persistent au repos. Les douleurs sont relatives à l’inflammation qui se crée à la formation de la maladie. Lorsque celle-ci est bien installée, les douleurs s’estompent petit à petit pour finir par disparaître, dans les 6 à 18 mois après le début des symptômes à partir du moment où la courbure est bel et bien constituée.

Évolution de la maladie 

La pathologie s’installe en une ou plusieurs poussées puis finit par se stabiliser. Si aucun traitement n’est administré, la courbure reste telle quelle. Certains hommes n’ont pas de difficultés à vivre avec et ne consultent jamais. 
Si cependant la courbure est invalidante, un ou plusieurs traitements peuvent être proposés. 

Traitements 

  • Traitements par voie orale 
    – La Vitamine E est restée longtemps un traitement prescrit en cas de Lapeyronie mais son efficacité semble être de l’ordre du placebo uniquement, donc nulle. 
    – Certains vasodilatateurs artériels peuvent être préconisés pour une meilleure circulation du sang mais n’ont aucun effet sur la courbure de la verge. 
    – Au moment de la phase inflammatoire, des anti-inflammatoires sont conseillés afin de freiner l’installation des plaques fibreuses. 
  • Traitements par voie locale 
    – Un système de traction peut être réalisé par un extenseur pénien ou un vacuum afin de guider une cicatrisation droite et non courbée.
    – Des injections d’inhibiteur calcique (Vérapamil) peuvent être réalisées dans le cas de déformations péniennes inférieures à 30°, de même que des injections locales de corticoïdes en cas de fortes douleurs. 
  • Traitements chirurgicaux 
    – Intervention de Nesbit (ou redressement du pénis par plicature) : Cette opération consiste à réaliser des plicatures du côté opposé à la courbure à l’aide de fils non résorbables. Très peu de complications sont observées avec un résultat plus ou moins satisfaisant, aléatoire selon la courbure initiale. 
    – L’exérèse de la plaque fibreuse : La plaque est retirée après incision, et remplacée par une greffe de tissu synthétique. 
    – Intervention de Yachia (ou incision et plicature) : Il s’agit de la même intervention que celle de Nesbit, avec une ou plusieurs incisions dans le but de raccourcir légèrement le corps caverneux et ainsi redresser davantage la verge. 
  • Nouveau traitement prometteur Les Ondes de choc, pour le traitement de la douleur dans la phase inflammatoire, dite douloureuse. Les résultats décrits sont particulièrement positifs dans cette phase. Par ailleurs, des travaux sont en cours pour l’utilisation des ondes de choc avec des traitements spécifiques associés pour la phase dite chronique lorsque la maladie est installée.

Perturbation de la vie sexuelle 

Les traitements ou bien l’intervention chirurgicale ne sont pas indispensables si la vie sexuelle n’est pas perturbée par la courbure du pénis. Cependant, si cette dernière est invalidante ou douloureuse, il est nécessaire de se tourner vers le professionnel adapté. 

Conclusion 

La maladie de Lapeyronie reste relativement peu connue par les hommes mais touche pourtant jusqu’à 9 % d’entre eux. Consulter dès l’apparition des premiers symptômes reste la meilleure option afin de freiner le développement de la courbure et éviter tout désagrément tel que les douleurs ou la perturbation possible de la vie sexuelle.

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